de Jean-Baptiste Andreae et Jean-Baptiste Andreae
aux éditions Casterman ,
collection Un Monde
Scénariste :
Jean-Baptiste Andreae
Dessinateur :
Jean-Baptiste Andreae
Couleurs :
Jean-Baptiste Andreae
Date de parution : mai 2004
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo : 1
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Un second tome aussi dépaysant que le premier
Jean-Baptiste
Andreae, en seulement trois séries, s’est imposé et s’est fait un
nom dans la bande dessinée. Suite à sa rencontre avec Mathieu Gallié,
il réalise la magnifique série Mangecœur (Vents d’Ouest)
primée à Angoulême et au Festival de Sierre. Toujours avec
Gallié, le scénariste d’Algernon Woodcock (Delcourt), il
signe Wendigo, une bande dessinée en deux tomes qui transporte son
lecteur dans le grand Nord. Enfin, le premier tome de Terre Mécanique,
Océanica, est publié
en 2002. Pour ce deuxième volet, on ne retrouve plus Patrick Fitou, Andreae
s’attèle donc seul au scénario et au dessin.
Changement
de décor : à l’océan succède le paysage gelé
de l’Antarctique
Notre petit groupe, composé de Philéon
le petit rhino, le Capitaine, Bruno, sa mère Edmée et une jeune
clandestine muette, est parvenu à s’échapper du Mékaton,
un immense paquebot qui a été le théâtre d’un putsch.
Ils débarquent sur un continent gelé et apparemment inhabité.
La lassitude et la tension qui va avec guette notre équipe, les éternels
lapins des repas et l’horizon désespérément glacé
ont raison de leur patience. Poussant alors plus loin leur exploration, ils rencontrent
une tribu d’humains. Le répit est de courte durée, ils doivent fuir
avec les autochtones devant une horde de robots qui kidnappent les êtres
humains. Pendant ce temps, sur le Mékaton, Finoiseau le dictateur, met
tout en œuvre pour les retrouver : leur fuite est une insulte à son
autorité et au mode de vie qu’il entend imposer. Aucun salut n’est possible
hors du Mékaton.
Toujours aussi atypique et poétiquement
drôle
Jean-Baptiste Andreae officie donc seul sur ce deuxième
tome et force est de constater que le scénario ne faiblit pas. Au huis
clos du premier volume, dont l’action se passait exclusivement sur le paquebot
Mékaton, succède un décor ouvert, dont l’immensité
donne un nouveau parfum d’aventure. Son imagination ne semble n’avoir aucune limite
et bien peu lui chaud de mélanger hommes, animaux et maintenant robots.
C’est d’ailleurs la surprise de taille de cet album et l’on comprend mieux où
le titre de la série nous emmène, gageons que le troisième
tome lui donnera toute sa signification. Andreae entraîne dans sa douce
folie le lecteur, un lecteur qui se sent ravi à tous les sens du terme.
Son univers à la fois poétique et cruel trouve son ton grâce
à un dessin qui oscille entre le dramatique et le burlesque. C’est toute
la tension de cette bande dessinée, parler de choses sérieuses et
graves sous le masque du rire. Les personnages attachants sont une autre qualité
de cet album, toujours hauts en couleurs et au caractère bien trempé,
ils sont le cœur du récit, ils lui donnent son rythme et sa chaleur.
On sera juste un peu déçu du manque de réflexion au profit
de l’aventure, mais la page finale nous promet un troisième tome magistral.
Enfin, on regrettera tout de même la faute du titre, un petit " c "
glissé entre le " r " et le " t " du mot " antartica
" aurait été préférable. Mais, c’est un point
de pinaille qui n’entache en rien la qualité de la série. Décidément,
la collection " Un Monde " chez Casterman est un gage de qualité.







