de Philippe Buchet et Jean-David Morvan
aux éditions Delcourt
Scénariste :
Jean-David Morvan
Dessinateur :
Philippe Buchet
Couleurs :
Philippe Buchet
Date de parution : septembre 2003
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo : 1
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Une série en perpétuelle évolution
Cette
année est décidément placée sous le signe de la belle
et unique humaine de Sillage. La parution de ce dernier opus de ses aventures
est accompagnée d’une grosse campagne de publicité : annonces dans
les journaux, affichage dans le métro… L’héroïne Nävis
devient très parisienne puisqu’elle figurait sur les affiches du Festival
de la Bande dessinée de juin 2003. Au fur et à mesure des albums,
les auteurs ont su faire de la série une des bandes dessinées phare
de chez Delcourt et ériger leur personnage en figure incontournable de
la BD de science-fiction. Le succès est peut-être du au fait qu’ils
aient conquis un public à la fois masculin et féminin grâce
à un personnage fort et charismatique qui renouvelle agréablement
le monde très viril de la S-F en cassant tous les préjugés.
Guerre des tranchées et féminisme
Le
vaisseau de Nävis a été saboté alors qu’elle se rendait
à la prison de Robwund. Elle se pose en catastrophe avec Snivel sur une
planète inconnue où la guerre fait rage. Le peuple Gunjinn se défend
difficilement contre les Mekkas, robots dirigés par une seule intelligence
artificielle qui s’est rebellée. Le vaisseau de Nävis et Snivel tombent
entre les mains de l’A.I. tandis que Nävis, après avoir sauvé
un soldat, est emmenée à l’arrière des lignes de front retrouver
sa vraie place de Hembra : derrière les fourneaux. Les hommes profitent
du conflit, qui est une réminiscence de la Première Guerre Mondiale
et de ses tranchées, pour enfermer les femmes et les confiner dans des
tâches de servantes. Nävis aura bien du mal à se faire à
son nouveau statut de femme d’intérieur.
Un bon tome de transition
Selon un rythme que les auteurs semblent s’être
imposés, l’action de ce sixième tome se
passe sur une planète et non sur Sillage comme
le tome précédent. Elément nouveau
pour cet opus, l’histoire, mis à part l’incipit
qui permet de comprendre comment Nävis atterrit
sur cette planète inconnue, est totalement détachée
de la recherche identitaire de la belle humaine ou des
missions " diplomatiques " que les dirigeants
de Sillage lui confient. Morvan et Buchet semblent
avoir voulu faire une pause avant de reprendre le fil
de leur intrigue principale qui verra certainement la
résolution des mystères qui entourent
l’origine de Nävis. L’album est donc un one shot
qui brasse beaucoup d’idées sans réellement
les approfondir, mais qui, du coup, évite le
piège du tome 5 dans lequel le lecteur
pouvait avoir l’impression de lire une dissertation
dont le matériau argumentatif était mal
maîtrisé. Dans les thèmes abordés
citons en vrac le combat de l’homme et de la machine,
l’horreur de la guerre en général et de
celle de 14-18 en particulier qui a transformé,
plus que toute autre, l’homme en chair à canon,
la relativité de la beauté, l’oppression
masculine et l’émancipation de la femme… Au niveau
du dessin, Buchet sait gérer les moments de dramatisation
et de tension, tout en introduisant de temps en temps
des scènes plus légères et drôles
où la fière combattante qu’est Nävis
se transforme, contrainte et forcée, en fée
du logis. Il n’y a qu’un pas pour faire de la petite
humaine la porte-parole de la lutte féministe.
Elle a encore imperceptiblement changé et ses
prises de position sont également le reflet de
sa maturité nouvelle. C’est une série
toujours aussi agréable à suivre et qui
détonne singulièrement dans le paysage
de la BD de science-fiction.







