de Bruno de Dieuleveult et Jean-Jacques Beineix
aux éditions Glénat
Scénariste :
Jean-Jacques Beineix
Dessinateur :
Bruno de Dieuleveult
Couleurs :
Bruno de Dieuleveult
Date de parution : septembre 2004
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 90
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
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Quand le cinéma vient à la BD (et non l’inverse)
Qui
ne connaît pas Jean-Jacques Beineix ? Né en 1946 l’homme est aujourd’hui un Monsieur
du cinéma français. Des films comme 37.2 le matin, Roselyne et les lions
ou IP5 et Mortel Transfert lui ont apporté une certaine reconnaissance.
En 1982, il tombe amoureux du livre La Vierge de glace de Marc Behm et en
achète les droits. Malheureusement, il ne parvient pas à réunir assez de fonds
pour en faire un film et met le projet au placard des idées perdues. 22 ans plus
tard, il décide finalement d’adapter le roman en bande dessinée avec son complice
Bruno de Dieuleveult, qui passe son temps à faire des story-boards pour les films
de Gérard Oury, Agnès Jaoui, Nicole Garcia, Patrice Leconte et Patrick Braoudé.
Jeune vampire recherche fonds pour acheter château roumain
Cora
est une jeune vampire plutôt discrète. Employée dans un casino la nuit, elle passe
ses journées à dormir dans un cercueil dans son appartement. Evidemment personne
ne connaît son goût du sang, une tendance qu’elle réfrène depuis bien longtemps.
Son grand rêve est d’acheter un véritable château roumain transporté pierre par
pierre à Paris. Mais pour cela elle a besoin de quelques millions d’euros. Des
millions qu’elle n’a pas. En rencontrant Tony, un autre vampire, un plan germe
dans sa tête.
Ne fait pas de la bande dessinée qui veut
Pour
sa première bande dessinée, Jean-Jacques Beineix bénéficie d’un important plan
de communication. Et après tout c’est tout à fait normal. Qu’un réalisateur aussi
talentueux fasse de la BD est un véritable événement. Mais comme pour le cinéma,
faire de la bande dessinée est un métier qui s’apprend. Et les premiers albums
ne sont pas forcément les meilleurs. Outre le dessin franchement pas terrible
de Bruno de Dieuleveult (je crois que le terme qui s’applique dans ce cas c’est
vieillot, ou dépassé : on se croirait dans les années 80), le scénario est truffé
de maladresses regrettables. Car, autre difficulté, le thème du vampirisme a déjà
été largement exploité et il est difficile aujourd’hui, soit d’y apporter quelque
chose de nouveau, soit d’exploiter ce genre avec suffisamment de qualité pour
ne pas lasser rapidement ceux qui ont au moins lu Bram Stocker et Anne Rice. Et
là il faut dire qu’on s’ennuie ferme devant ces vampires de pacotille. Même ceux
qui ne sont pas habitués aux histoires de vampires devraient les trouver assez
peu crédibles. En résumé, s’il a certainement fait une belle opération de promotion,
Jean-Jacques Beineix ne convainc pas franchement dans le rôle de scénariste BD
(même chose pour le dessinateur). Et si le cinéma pioche en ce moment dans le
monde des bulles pour faire des films, le chemin inverse ne va pas de soi. Bref,
s’il retourne aujourd’hui à ses pellicules, les bédéphiles ne perdront pas grand
chose. A moins que les deux compères ne nous épatent dans les prochains tomes…
Mais c’est mal parti.







