de Richard Guérineau et Eric Corbeyran
aux éditions Delcourt
Sous-genres :
- Thriller
Scénariste :
Eric Corbeyran
Dessinateur :
Richard Guérineau
Couleurs :
Ruby
Date de parution : juin 2004
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo : 1
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Un album clef dans lequel le grimoire de Venoncius est la clef de voûte qui relie les trois séries
Et
voilà c’est reparti pour une deuxième saison du Chant des Stryges. Corbeyran
et Guérineau ont apparemment encore beaucoup de choses à nous raconter et de révélations
à distiller si on en croit les sorties prévues. Après cette deuxième « saison »
de six albums, une troisième, de six volumes également, est attendue. Et ce n’est
pas tout, les tomes quatre des séries parallèles Le Clan de Chimères et
Le Maître de Jeu sont annoncés pour fin août. L’hydre « strygienne » voit
sans cesse de nouvelles têtes lui pousser.
Trois héros, deux clans,
un grimoire
1269, le juge Bertaire de Fonfroide est un inquisiteur
plein de zèle qui fait régner la terreur sur les terres de Roquebrune. Ses investigations
le poussent jusqu’aux entrailles du château ; il y découvre des monstres, les
Stryges. Face à ces créatures sa foi vacille et, renonçant à tout, il se lance
sur les traces des créatures. Toute sa vie durant, il accumule nombre de récits
et de preuves de l’existence de ces êtres qu’il couche sur papier. Ses écrits
sont retrouvés et brûlés car impies. Deux jours plus tard, un jeune moine dans
un état de transe retranscrit l’intégralité de ses notes et meurt à la fin de
la rédaction. Cette fois, le manuscrit n’est pas détruit mais dissimulé.
De
nos jours, un groupe d’hommes surarmés prend d’assaut le monastère écossais
où est caché le fameux grimoire et s’en empare. Nivek et l’Ombre sont chargés
par un étrange couple de le retrouver. En effet, ce manuscrit contient des informations
essentielles sur les Stryges et sur la manière dont on peut les contrôler. Et
il semble qu’il soit tombé entre de mauvaises mains.
Intense, nerveux,
mystérieux, prenant, captivant… aucune lassitude en vue
Ah, on le
savait bien que Nivek, l’homme au nom en forme de paradigme, ne pouvait pas se
ranger dans sa cabane au Canada et vivre loin des Stryges. Ce n’est pas un chanteur
français retraité. Comme toujours, il ne maîtrise pas grand chose et d’autres
choisissent pour lui de le remettre en selle. Cette fois, c’est un couple, pour
le moins étrange, de personnes âgées qui fait appel à lui afin qu’il récupère
le grimoire de Venoncius. C’est la sculpturale Ombre qui va finalement s’en charger,
action garantie ! L’intuition du tome sept, Rencontres, qui ouvrait cette
deuxième saison, est confirmée, c’est bien elle qui devient le pilier de l’intrigue
et qui mène la danse. Toujours aussi efficace que peu loquace, elle parvient à
se sortir de situations plus que délicates sans faillir. Qui a dit que l’équipe
de Mission impossible cherchait à la recruter ? Le scénario de Corbeyran ne faiblit
pas, l’on est même étonné qu’il parvienne encore à nous surprendre avec les personnages
secondaires, preuve qu’il les travaille autant que les héros. Du coup, on se laisse
prendre au jeu, alors même que l’on n’en finit plus d’attendre la Grande Révélation :
l’identité de Sandor G. Weltman. On ne peut qu’être enthousiaste face à cette
série dont la qualité se révèle d’album en album et par le tour de force de Corbeyran
qui parvient encore et toujours à nous tenir en haleine. A noter également qu’il
parvient par une géniale pirouette scénaristique à relier ensemble les trois séries
qui composent l’univers des Stryges. N’oublions pas Guérineau dont le trait nerveux
et réaliste participe au succès de la série et au plaisir que l’on prend à la
lire. D’ailleurs, je parie que tout le monde à déjà acheter son huitième tome…
Un
regret cependant, la série passe, à l’occasion de ce huitième volume, au grand
format ; le septième tome sera donc réédité en format 24 X 32. Une opération mercantile
a n’en pas douter puisque cette nouvelle dimension fait passer le prix de la bande
dessinée de 9,45 € à 12,50 €. Il y a également eu une édition luxe en noir et
blanc à tirage limité (17,50 €) parue un mois avant la version colorisée. Il n’y
a pas de petit profit… Il est vraiment dommage qu’une série aussi bonne et qui
avait l’énorme avantage, pour les budgets un peu serrés, de faire moins de 10
€ succombe aux chants des sirènes commerciales.







