de Khoa Vink et Khoa Vink
aux éditions Dargaud
Une grande série
Né
en 1950 au Vietnam, Vink lit pendant son adolescence
beaucoup de romans chinois de cape et d’épée très en
vogue à ce moment là. Il puisera quelques années plus
tard l’idée de cette grande saga qu’est Le Moine
Fou. En 1969, il émigre en Belgique pour étudier
la médecine puis les sciences de l’éducation. Dix ans
plus tard, il commence à publier des histoires en bande
dessinée dans le Journal de Tintin puis entame
Le Moine fou en 1983 dans Charlie mensuel
avant que cette série ne soit reprise en album par
Dargaud en 2000. Aujourd’hui, ce même éditeur publie
le premier tome de l’intégrale, rassemblant les cinq
premiers volumes.
Art
martial et folie
La jeune et jolie He Pao a une enfance plutôt difficile.
Abandonnée en bas âge, ses parents adoptifs sont victimes de la folie du fils
du seigneur local qui incendie leur maison. Obligée de s’enfuir, elle trouve refuge
chez deux sœurs qui parcourent le pays à bord de leur jonque. Dans leurs pérégrinations,
elles tombent sur la maison désertée de celui qu’on appelle le moine fou. L’homme
détenait le secret d’un art martial étonnant et dangereux pour celui qui le combat
comme pour celui qui le possède. Car au bout de l’enseignement, la folie menace
l’élève comme le maître. Une véritable malédiction dont héritera He Pao après
avoir découvert les leçons du moine fou.
Une série dans la durée
Le Moine fou fait partie de ces séries un peu
atypiques. Fait rare pour une bande dessinée « classique » ,
elle nous plonge dans l’imaginaire et le moyen âge chinois
au gré des aventures d’He Pao. Bien sûr cet exotisme
ne saurait tout faire. Vink possède en plus deux atouts
indéniables. D’abord un superbe dessin à condition d’aimer
ce genre de bande dessinée faite à l’aquarelle. Et encore,
même réticent au départ, on se laisse facilement prendre
par l’ambiance qui s’en dégage. Ensuite une intrigue
complexe, qui prend son temps pour démarrer avant de
livrer toute sa richesse dans la relation entre savoir
et malédiction. Une fois acquise la maîtrise de son
art, He Pao devra entamer une longue quête pour combattre
ses effets néfastes. Une quête passionnante truffée
d’épreuves, de trahisons et de rencontres. Au final
on dira que cette intégrale est un excellent moyen de
découvrir et redécouvrir l’œuvre de Vink et une autre
manière de faire de la bande dessinée.







