de Bruno Bazile et Pierre Veys
aux éditions Soleil
Scénariste :
Pierre Veys
Dessinateur :
Bruno Bazile
Couleurs :
Damien Marie
Date de parution : juin 2004
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 46
Titre en vo : 1
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La légende d’Arthur et Merlin revisitée avec réussite
Pierre
Veys est un auteur que l’on peut qualifier de "polygraphe". Il a dirigé
et écrit pour une troupe de café-théâtre (MacPochtron
And The Cuitos Brothers) et écrit pour la télévision.
Également scénariste de bande dessinée, il réalise
des nouvelles et des gags pour Fluide Glacial, Spirou et Pavillon
Rouge et scénarise des séries totalement différentes
(Space monstres, Les Avatars).
Pierre Veys aime utiliser dans ses albums, des personnages de légende.
Ainsi, on retrouve Sherlock Holmes dans la série Baker Street, Frankenstein
dans Igor et les monstres ou encore comme présentement Arthur et
Merlin dans la série éponyme.
Quant
à Bruno Bazile, après avoir fait ses débuts dans la presse
jeunesse (Mikado, Fripounet...), il se lance avec Michel Plessix
dans Les Forrell. Ce jeune dessinateur réalisera également
en solo Les Faussaires avant de rencontrer Pierre Veys avec qui, il réalisera
Les Avatars. Une histoire délirante
de créatures bizarres qui apparaissent sur Terre, dans le Londres des années
60. Avec Damien Marie, le coloriste, la fine équipe reprend le flambeau
dans cette nouvelle série d’Arthur et Merlin, une série pleine
d’humour et de clins d’œil, et qui malgré son apparence, est destinée
à un public adulte.
"Qu’est-ce
qui me prouve que monsieur est bien magicien ?"
Kid
Arthur, le premier tome, commence sur un prologue où l’on remonte à
l’époque de la Première Guerre Mondiale. Arthur et Merlin luttent
contre des soldats allemands aux allures de monstres démoniaques. Malheureusement,
Arthur est tué et Merlin ne peut rien faire pour éviter l’inévitable.
Quatre-vingt-dix
ans plus tard, dans les Cornouailles, Tim est un jeune garçon passionné
par l’histoire de Merlin. Toujours à la recherche de nouvelles informations,
il traîne souvent à la bibliothèque jusqu’au jour où
Mrs Robinson, la bibliothécaire, lui remet La Clavicule de Donatien.
Dans ce livre, Tim découvre rapidement la maison où vivait Merlin.
Située à deux pas de chez lui, il décide de s’y rendre et
y rencontre un vieil homme bougon et acariâtre. Y aurait-il un rapport entre
cette vieille bourrique et Merlin, le célèbre enchanteur ? Tim serait-il
le successeur d’Arthur ?
"Retrouver
son savoir-faire n’est pas chose aisée..."
Kid
Arthur est une BD à découvrir absolument. Ne vous arrêtez
pas à la couverture et au dessin. Sous son aspect BD jeunesse, le premier
tome d’Arthur et Merlin cache en vérité une très bonne
série pour adultes, bourrée de clins d’œil, drôle et
cynique à la fois.
À
force de lire des romans ou des BD sur le mythe de Merlin, on pourrait s’attendre
à un ressassé du déjà existant. Eh bien non ! Pierre
Veys nous offre un scénario plutôt original, même si on retrouve
le combat habituel entre Merlin et Mordred. Alors où est l’originalité
me demanderez-vous ? Imaginez un Merlin alcoolique et aigri (car n’ayant pu sauver
Arthur de la mort) réapprenant à utiliser ses pouvoirs. Imaginez
Mordred en transsexuel à l’humeur fort versatile. Ajoutez à cela
une multitude de personnages extravagants, des instants délirants (une
formule retrouvée qui provoque les coliques, un fonctionnaire jouant du
zèle devant un Merlin extrêmement énervé...) et de
surprenants clins d’œil au cinéma. Ainsi, sous les traits de Bruno
Bazile, on voit apparaître le château de Dracula, les chutes
du Rauros du Seigneur des anneaux ou bien encore le ver des sables de Beetlejuice.
Avec un
dessin plutôt jeunesse, Bazile apporte un décalage supplémentaire
à cette série. On peut juste regretter un changement du format des
vignettes et de leurs positions suivant les planches et ce, sans raison particulière.
Un coup sans bord blanc, un zoom sur trois vignettes, des cases excentrée
vers le haut ou le bas... Le dessinateur donne l’impression d’avoir testé
différentes façons de mettre en scène l’histoire, mais sans
suivre une idée précise. Autre reproche, l’utilisation dans la colorisation
d’effets ponctuels d’infographie (au tout début avec le monstre aux allures
de crocodile ou bien à la fin avec le feu). Complètement inattendus
et peu dans l’esprit du reste de la BD, ces quelques effets dérangent.
Malgré cela, Kid Arthur reste une BD surprenante à lire et
à relire (à chaque lecture, on trouve de nouveaux détails).
Il faudra attendre patiemment la suite : Les Armées du Passé.







