L’Année de notre guerre
( 1 )
de Steph Swainston
aux éditions Bragelonne
Genre : Fantasy

Auteurs : Steph Swainston
Couverture : Alberto Varanda
Traduction : Mélanie Fazi
Date de parution : mai 2005 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 352
Titre en vo : The Year of Our War
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : janvier 2004

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Un peu de fantasy rock’n’roll

Né en 1975 en Angleterre, Steph Swainston est pour l’instant la femme de deux romans : L’Année de notre guerre que Bragelonne publie en ce mois de mai et No Present Like Time paru cette année de l’autre côté de la Manche. Une activité de romancière qu’elle exerce désormais après des études d’archéologie à Cambridge.

Quand on a des ailes, c’est plus facile de voler...

Peu à peu le monde de Jant est en train de basculer dans le désordre et le chaos. Peu à peu de mystérieux insectes géants repoussent les armées humaines et détruisent tout sur leur passage. Et même avec l’aide des immortels de l’Empereur, les généraux ont bien du mal à tenir leurs positions. Parfois dans la mêlée mais souvent au-dessus, Jant est bien entendu partie prenante dans le conflit. Appartenant à ces fameux immortels de l’Empereur, il en est le messager officiel, ses ailes lui permettant de transmettre rapidement ses ordres et les différents courriers que peuvent s’échanger les membres de sa cour. Sa position en fait un personnage essentiel de la vie de l’Empire et dans ses querelles intestines. Des querelles dont Jant n’a cure. Rebelle, irrévérencieux et refusant de prendre partie, il traîne son mal être et ses souvenirs comme une carapace, préférant souvent l’oubli que lui procure la drogue que le travail acharné ou les mondanités.

Un bon roman

Disons le clairement, L’Année de notre guerre vaut surtout pour son personnage principal. Un anti-héros un peu immature, parfois lâche, parfois courageux, en tout cas très rock’n’roll dans ses contradictions et ses attitudes. Le genre de type qui préfère la fuite mais qui est capable de se battre comme un lion lorsqu’il n’a pas le choix. Son regard cynique et désabusé, son statut de junkie et son langage argotique et pas toujours châtié, en font un personnage décalé et passionnant. Enfin un héros qui ressemble à quelque chose, c’est à dire à rien ! Un héros très humain en somme et pas vraiment manichéen. Une vraie bouffée de fraîcheur. On regrettera juste que l’histoire ne soit pas à la hauteur. Ces insectes venus de nulle part sont un peu trop pratiques et pas vraiment crédibles. Ils manquent sérieusement de motivation et de développement. Du coup, ils apparaissent comme de simple faire-valoir sans épaisseur et là, on tombe dans le manichéisme auquel échappe le héros. C’est décevant surtout lorsque derrière, Steph Swainston termine son récit avec une pirouette tirée par les cheveux. On a l’impression qu’elle a d’abord imaginé des scènes et des mini-histoires autour de son personnage avant de tout relier pour en faire un roman. Le résultat est parfois un peu confus. Heureusement le personnage torturé de Jant sauve la baraque et on dévore avec plaisir ce premier livre de l’auteur. En espérant qu’elle améliore la trame de son récit dans son prochain roman tout en gardant ce type de héros. Affaire à suivre.

Jérôme Vincent

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