de Francis Sapin et Francis Sapin
aux éditions Soleil ,
collection Soleil Levant
Sous-genres :
- Steampunk
Scénariste :
Francis Sapin
Dessinateur :
Francis Sapin
Couleurs :
Denis Dufourg
Date de parution : juin 2004
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 46
Titre en vo : 1
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Vous avez dit ’excentrique’ ?
Après
avoir collaboré à de nombreux fanzines
(Kerozene) et projets graphiques (l’association
Marseil’BD, Petit trio, un
dessin animé jeunesse), voici venue l’heure fatidique
pour Francis Sapin du grand saut : le saut dans l’univers
des auteurs de bande dessinée avec leur nom à
eux sur une couverture cartonnée. Ce graphiste
de formation adopte ici les deux casquettes de dessinateur
et de scénariste pour nous livrer une série
franchement orientée vers la jeunesse et forgée
dans un univers fait de métal et de vapeur qui
sent bon Les Temps modernes et les
délires steampunk : Les Citadelles excentriques.
"Que
reste-t-il de la Révolution Techno ?"
La Révolution Techno accuse son âge. Après
trente années de prospérité générée
par les inventions du père de la révolution,
la mécanique se grippe et le progrès marque
le pas, insensiblement. Ainsi, les commémorations
de ce trentième anniversaire sont-elles placées
sous le signe d’un enrayement des institutions. Une
occasion en or pour les détracteurs de la révolution
de renverser le régime moribond en le privant
de sa tête pensante.
Une
tête pensante aveuglée par les bons soins
du Régent et de sa clique au sein de laquelle
règne une corruption qui gangrène tout
le système de gestion de la cité de Néphélia.
Heureusement, Maïa, la fille du père de
la révolution veille au grain. Et même
si elle ne parvient pas à faire entendre raison
à son père, elle peut compter sur l’aide
imprévue de Victorien, un jeune ouvrier catapulté
malgré lui au coeur de la conspiration. Piégé
entre les intérêts des traîtres et
ceux des bandits, Victorien saura choisir son camps
pour préserver la Révolution.
"Mosdi !
Viens te battre si t’es un homme !"*
Francis
Sapin appartient à cette école stylistique
qui dessine des grosses têtes carrées sur
des corps de gymnastes en bubble gum ancrés au
sol par des pointures 190. Alors cousin de celui de
Di Martino, le trait de Sapin s’accorde relativement
bien avec l’ambiance ’dessin animé’ de cette
première série BD : les armes et outils
démesurés, l’architecture baroque et les
méchants toonesques (une mauvaise idée
selon moi : on se croirait chez les Power rangers...)
ne sont pas là pour me démentir. A part
le personnage de Maïa qui est franchement laid,
les autres ont une bonne trogne et sont bien typés.
Alors
que reprocher à ces Citadelles excentriques
sinon ce manque relatif d’excentricité : dans
une actualité fantastique où le steampunk
explose, que cela soit en BD (cf. Uchronia-1
de Kramp et Félix), en roman (cf. La
Lune n’est pas pour nous de Johan Heliot),
ou en roman jeunesse, on attend un peu plus d’une nouvelle
série que de jolies perspectives. On notera d’ailleurs
une certaine ressemblance scénaristique (accidentelle ?)
de cette BD avec les Mécaniques fatales
de Philippe Reeve : une machinerie révolutionnaire
qui part en lambeaux et manque de détruire la
ville qu’elle alimente, une tentative d’assassinat sur
la personne du créateur de la ville déjouée
par un jeune homme qui se trouve au mauvais endroit
au mauvais moment, etc... L’univers est bien planté,
mais les thèmes abordés manquent de relief.
La facilité avec laquelle Maïa protège
ses intérêts grâce aux inventions
de son père lui confère un côté
’moi aussi j’ai une bat-ceinture’ qui pourrait rapidement
devenir exaspérant. Heureusement, l’emballement
final et le sort réservé à Victorien
justifient qu’on s’intéresse à la suite
de cet Ennemi cybernétique numéro
1.
*
Une réplique extraite de ce premier tome, où
le rôle du grand méchant est tenu par un
certain Sénéchal Mosdi... Réglement
de compte ou humour confraternel ?







