L’Oiseau d’Amérique
( 1 )
de Walter Tevis
aux éditions Folio SF
Genre : SF

Auteurs : Walter Tevis
Couverture : Manchu
Traduction : Michel Lederer
Date de parution : juillet 2005 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 387
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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Un grand roman !

Né en 1928, Walter Tevis a d’abord été professeur de littérature avant de publier son premier roman en 1963 : L’Homme tombé du ciel. Suivront 17 ans de silence avant cet étonnant Oiseau d’Amérique en 1980. Quatre ans plus tard, Walter Tevis s’éteint, laissant seulement derrière lui une bibliographie trop courte, où figure toutefois L’Arnaqueur et La Couleur de l’argent, tous les deux adaptés au cinéma.

Monde de robot

Le XXVème siècle sera robotique ou ne sera pas. Complètement assistée par les robots, l’humanité se replie sur elle-même, se diluant dans une vie de loisir où l’individualisme est roi et où tout excès est banni grâce à la prise permanente de cachets calmants. Mais dans cette ambiance cotonneuse où il ne peut rien arriver, Paul Bentley fait une étrange découverte. Il retrouve par hasard un film pour apprendre à lire. Peu à peu, il redécouvre ce savoir ancien, s’aidant des films muets puis plongeant avec délice dans les derniers livres qui restent encore dans la bibliothèque. Une vraie révolution pour lui ! Mais le meilleur l’attend : la rencontre avec la jolie Mary Lou, une jeune femme pas comme les autres...

Monument

A sa sortie, L’Oiseau d’Amérique a été comparé à Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Cela n’a bien sûr rien d’un hasard. On y retrouve une même humanité futile et volage et le même pouvoir subversif des livres. Mais surtout ce qui marque dans ces deux romans, c’est l’ambiance et l’écriture très poétique des auteurs. Au niveau du style et de l’univers, Walter Tevis est un véritable bonheur, un petit plaisir que l’on dévore en ayant conscience de lire un grand roman. Il jongle entre les récits à la première personne, les journaux intimes et des chapitres de narration plus linéaire. On n’est pas loin du chef d’œuvre. Surtout, dans cette veine que l’on nomme la spéculative fiction, L’Oiseau d’Amérique ne nous parle que de nous. Il nous raconte comment tout est en place pour que l’on perde notre humanité, à grand coup de télévision, de somnifères et d’assistance artificielle, qu’elle soit robotique ou informatique. C’est un de ces romans qui met en garde et donne matière à réfléchir au moins autant qu’il est plaisant à lire. Un conseil : perdez-vous dans l’écriture de Tevis. Suivez les pas de Paul et Mary Lou. Les romans de cette qualité sont rares. A savourer !

Jérôme Vincent

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