de Philip Pullman
aux éditions ActuSF
Auteurs :
Philip Pullman
Date de parution : janvier 2000
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : biographie
Nombre de pages : 1
Age minimum : 1 ans
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
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La biographie
Né en 1947 à Norwich,
fils aîné d’un pilote de chasse de la R.A.F, Philip Pullman a très
peu connu son père : accaparé par sa mission, le pilote trouve la
mort lors de l’une d’elles, un raid contre les rebelles Mau Mau au Kenya. Sa veuve
reçut la Croix des héros de l’air remise à titre posthume,
mais cela ne suffit pas à nourrir ses deux fils, Philip et Francis. Elle
confie les deux enfants à leurs grands-parents maternels afin de pouvoir
exercer une activité à temps plein à Londres. Ils sont accueillis
dans un presbytère puisque le grand-père est pasteur anglican ; celui-ci
leur raconte nombre d’histoires bibliques et des récits qu’il avait recueillis
quand il était chapelain à la prison de Norwich. Même si l’auteur
a désormais renoncé au dogme chrétien, une grande part de
son imaginaire s’est construite autour des propos de son grand-père. Une
grand-tante célibataire venait compléter le trio qui veillait sur
les enfants et leur prodiguait soin et amour.
La première manifestation
de sa vocation d’écrivain frappa Pullman à huit ans quand un de
ses professeurs lut à la classe La ballade du vieux marin de Coleridge.
Il eut peu après un aperçu de la vie des marins puisque sa mère
remariée à un autre pilote, les fit embarquer dans un paquebot de
ligne à destination d’Australie où avait été nommé
son second mari. Au cours de la traversée, les enfants consignés
dans leur cabine par la scarlatine, se livrent des batailles imaginaires durant
des journées entières. La lecture des illustrés type Batman
dont Philipp devient fan, alimente leurs jeux. Très vite, des feuilletons
radiophoniques australiens (dont un mettant en scène un kangourou surdoué
du genre Mac Gyver rangeant ses outils dans sa poche) déclenchent admiration
et inspiration chez les deux enfants au point qu’après l’extinction des
feux, ils improvisent leurs propres épisodes des aventures du kangourou.
Pour Pullman, ce sont ces scénarios nocturnes qui ont décidé
de sa carrière d’écrivain. La famille s’agrandit de deux enfants
supplémentaires et s’installe au Pays de Galles où Philip et son
frère jouissent d’une grande liberté. Francis se destine à
entrer à son tour dans l’aviation et Philip connaît une adolescence
bohème : il lit, écrit des poèmes, peint et joue de la guitare.
A quatre pattes sur les toits d’Oxford
Grâce
au soutien et encouragement d’un des ses professeurs, il décroche une bourse
pour passer l’examen d’entrée à Exeter College à Oxford,
le réussit, mais sera déçu par son expérience dans
le saint des saints de l’intelligentsia britannique. Il trouve le temps consacré
à l’étude disproportionné par rapport à l’espace laissé
à la discussion. Heureusement, la vie estudiantine lui réserve des
moments plus réjouissants : rôles dans des pièces de théâtre,
chants folk qu’il accompagne à la guitare et virées bien arrosées
qui commencent sur les toits du collège.
A la croisée
de deux mondes, entre les planches de la scène et les rayonnages des bibliothèques
La découverte de l’intrigue du Maître et Marguerite
de Bouglakov lui donne une nouvelle impulsion : il s’attelle à son premier
roman inspiré par le réalisme fantastique le lendemain de la fin
de ses études. Le devoir d’aller prendre soin de sa mère malade
en Ouganda l’interrompt dans cette entreprise (qui n’ira jamais au-delà
des 100 pages qu’il s’était fixé comme signe superstitieux de ses
débuts d’écrivain). De retour à Londres, il prend un boulot
alimentaire dans la confection masculine puis devient apprenti bibliothécaire.
Il n’a pas renoncé à écrire et avec son second roman, décroche
un prix ex-aequo destiné aux futurs écrivains de moins de 25 ans.
Pullman ne veut plus entendre parler de cet ouvrage qu’il juge être un piètre
"thriller métaphysique".
Il se forme au métier
d’instituteur et pendant douze ans, enseigne à des enfants dans deux établissements,
à la croisée de deux mondes différents : une école
d’une zone difficile et un établissement d’un quartier plus bourgeois.
Dans la première, il devait notamment mettre en scène des représentations
théâtrales dont il finit par écrire les textes dans divers
registres allant de l’horreur au comique et séduisant tous les publics,
parents comme enfants. Dans l’école plus favorisée, il était
en charge de l’acquisition de nouveaux livres pour la bibliothèque : il
consulta les parents sur des livres controversés et au lieu des récriminations
qu’il craignait il rencontra une adhésion signe de l’évolution des
mentalités sur la littérature jeunesse.
Le conteur
dans sa cabane
En 1978, paraît son premier livre, Galatéa,
un roman pour adultes. Son premier livre pour enfants Le Comte Karstlein
est l’adaptation d’une de ses pièces de théâtre. Puis commencent
les aventures de Sally Lockhart. De 1995 à 2001, il compose
la trilogie qui le rendra célèbre : A la croisée
des mondes.
Respectant ses trois pages d’écriture par
jour qu’il s’était fixées lors de son premier essai, il anime un
atelier de conteur auprès de professeurs en formation afin de leur transmettre
l’art de faire passer des histoires aux enfants. Marié et père de
deux enfants, il s’enferme dans une cabane au fond du jardin et au milieu du capharnaüm
qu’elle abrite invente de nouvelles histoires qui raviront longtemps petits et
grands.
Et maintenant...
Au moment de déménager,
il a hésité à prendre la cabane avec lui ou à la jeter :
elle était trop envahie pour être encore fonctionnelle et il avait
du mal à y travailler les jours de pluie. Il l’a finalement léguéà
l’illustrateur Ted Dewan en lui demandant de la donner à un écrivain
ou illustrateur quand il voudrait à son tour s’en débarrasser. A
présent, il écrit dans un grand bureau entouré de deux guitares
et d’un accordéon et des bouts de bois qu’il a l’intention de tailler.
Lyra et les Oiseaux contient des indices de ce que sera
The Book of a dust dont il annonce la sortie en temps voulu.
Il pense aussi continuer les aventures de Sally Lockart,
car cette série lui a demandé beaucoup de recherches.
Il classe
son dernier livre paru, The Scarecrow and his servant (L’Epouvantail
et son serviteur) parmi les contes de fées, le genre qu’il préfère,
mais trouve le plus difficile à écrire.
De l’écran
à la tribune ?
Souvent adaptée au théâtre,
l’œuvre de Philipp Pullman connaît de nombreux rebondissements dans
son passage à l’écran. Chris Weiz qui avait été pressenti
pour écrire le scénario, puis le tourner, a été finalement
écarté. L’auteur a dénoncé le raccourci qui avait
été fait par Le Times le 8 décembre 2004. Le journal
avait inscrit avant une de ses déclarations une question factice afin de
modifier le sens de ses propos.
Le 6 novembre 2004, Pullman a publié
dans The Guardian, un excellent article sur la lecture unique et imposée
dans les théocraties (qu’elles soient religieuses ou totalement athées
comme le communisme) et la nécessité de préserver une lecture
dialogue entre le texte et le lecteur dans les démocraties, cette lecture
étant par exemple suspecte aux yeux du pouvoir en place aux USA. Philipp
Pullman éprouverait-il le besoin d’utiliser lui-même le logos (qu’il
oppose aux mythes) pour convaincre ses contemporains ?







