de Tiburce Oger et Tiburce Oger
aux éditions Vents d’Ouest ,
collection Fantastique
Scénariste :
Tiburce Oger
Dessinateur :
Tiburce Oger
Couleurs :
Tiburce Oger
Date de parution : février 2004
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo : 1
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Maëlle au coeur de l’aventure
Tiburce
Oger est entré dans le monde de la bande dessinée par la grande
porte en publiant pour la première fois en 1993 les aventures de Gorn,
le chevalier fantôme, appelé à devenir un cycle phare de la
fantasy des années 90. Six ans plus tard, Mon Amour, un soir... (Gorn
8) clôturait le cycle de "l’errance du chevalier fantôme"
tel que nous le présentait en épigraphe un sticker collé
sur la couverture. La sortie, toujours chez Vents d’Ouest d’un Gorn 9 a
donc produit sur moi l’effet d’un champignon magique sur une tortue koopa : ça
m’a scié. Sur le coup, j’ai cru flairer l’arnaque éditoriale avec
un énième retour d’entre les morts de l’éternelle figure
de Gorn. Mais Tiburce Oger est trop intelligent pour ça et mérite
toutes mes excuses, car ce nouvel opus inaugure un cycle "d’après
Gorn", où comment le rêve et le merveilleux vont se réintroduire
dans la vie de ceux qui ont mis autant d’énergie à l’évacuer
de leur vie...
Celle
qui sait parler aux morts
Maëlle
a bien grandi depuis que l’image de son fantôme de père, le chevalier
Gorn, et celle de sa mère, la tendre Eliette se sont envolées pour
la dernière fois avec neige hivernale. Avec le temps, elle a appris à
accepter la réalité, et rejeter comme un rêve d’enfant ses
histoires de fantômes. Aujourd’hui, elle veut vivre en femme, à l’instar
d’Eloïse qui attend la naissance incessante de son premier enfant de Dorian.
Mais l’accouchement s’annonce difficile, et les forces d’Eloïse s’amenuisent
comme le flux d’une clepsydre qui se vide. Aussi la Vénérable décide-t-elle
de conduire la demi-elfe au coeur de la forêt de ses ancêtres, là
où, Dame Gorge avait rencontré des elfes. Et qui sait après
tout si cette rencontre n’était que fable : en ces temps où les
Yeux Rouges (et même un skroll !), jadis éradiqués des terres
par les armées de Gorn lui-même, réapparaissent et sèment
la terreur, les légendes reprennent vie. Qui sait quel terrible secret
recèle encore l’existence de Maëlle, qui s’entretint enfant avec ses
parents disparus, et qui a désormais fait d’eux des souvenirs ?
Nouveau
départ
En
réintroduisant la magie (au sens propre) de Gorn, dissipée dans
le tome 8, et en se focalisant sur le personnage de Maëlle, Tiburce Oger
nous propose ici un véritable second cycle dans l’univers de Gorn, plutôt
qu’une transition en douceur entre deux tomes successifs. Le projet est ambitieux,
tant les pistes explorées et parfois laissées en suspens dans les
tomes précédents ménagent de possibilités scénaristiques
à la vie d’adultes des filles de Gorn : Eloïse et Maëlle. Du point
de vue de l’histoire donc, on se laisse aller à l’enchantement des elfes
et aux pouvoirs de Maëlle et le charme reprend sans faillir.
Graphiquement,
le changement est tout aussi notable. Outre l’aspect très surprenant de
la grande prêtresse de Rivas (qui me fait furieusement penser à la
méchante reine de La Belle au bois dormant de Disney !), de nombreuses
évolutions plus ou moins heureuses boulversent la physionomie du monde
désormais si pregnant de Gorn. Dès le début de ma lecture,
un détail graphique me chagrinait sans que je réussisse à
le pointer de doigt, malgré son évidence. Il s’agit du choix d’avoir
réalisé les encrages en sépia plutôt qu’en noir. Ajoutez
à cela un dessin plus brouillon qu’à l’habitude et vous obtenez
une impression de flou assez étrange et dérangeante, même
quand ce flou participe à la mise en relief des elfes éthérés.
J’ai aussi été désagréablement surpris par le lettrage
informatisé et franchement peu lisible adopté dans ce tome. Ceci
dit, ce retour de Tiburce Oger aux monde fantastique de Gorn demeure une vraie
bonne surprise, à peaufiner un peu pour la suite, peut-être ?







