de Fahar et Fahar
aux éditions Carabas
Un vrai coup de cœur pour ce premier album tendre et émouvant
Première
bande dessinée d’un jeune auteur belge au talent prometteur, Dido ravira les grands
et les petits. Fahar signe pour les Editions Carabas un conte émouvant avec un
trait proche de celui de Smith.
De monstrueux amis
Le Concours
d’Effroi a bientôt lieu. Tous les petits monstres attendent avec impatience cet
événement. Ils sortiront pour la première fois du village afin d’effrayer les
humains. Seul Dido a peur, il n’est pas comme les autres : pas d’yeux globuleux,
ni de piques et pas plus de queue fourchue. Comment peut-il espérer remporter
le concours ? Désespéré, il va rejoindre son grand-père banni. Celui-ci lui suggère
que la seule personne en mesure de l’aider est l’Esprit de la Forêt qui habite
dans le Marais au-delà du village. Pour Dido, il n’est pas question de décevoir
son père, chef du village, il décide donc de partir en pleine nuit à la recherche
de l’Esprit. En chemin, il fait la rencontre d’un petit garçon, Kip, perdu lui
aussi. A deux, on se sent plus fort, leur amitié va-t-elle les aider à changer
leur destin ?
Un trait qui rappelle celui de Bone pour une histoire
entre rêve et cauchemar
Dido est LA bonne surprise de la petite maison
des Editions Carabas récemment récupérée par les Editions Tournon. Pour son premier
album, Fahar signe une bande dessinée forte en émotions. Son trait est simple,
expressif et rappelle celui de Jeff Smith. En effet, son jeune héros Dido a des
faux airs des personnages de Bone, il en va de même pour l’ambiance. Dans ce monde
pas de violence gratuite mais de la poésie, des bons sentiments rarement niaiseux
plutôt rassurants. Dido est un monstre atypique, tout blanc et tout en rondeur
il n’a guère de chance d’effrayer un enfant selon les dires des membres de la
communauté. Rejeté depuis toujours, il manque de confiance en lui, tout comme
Kip, un petit garçon qui fuit les brimades d’un enfant plus âgé. Fahar semble
avoir la même démarche que Smith, relater le passage de l’enfance à l’âge adulte,
c’est-à-dire quitter le nid familial pour un monde vaste et inconnu et parvenir
à vaincre ses propres peurs. La forêt dans laquelle se rencontrent nos deux jeunes
héros est le reflet de leur état intérieur tout en étant le symbole de ce monde
angoissant qu’il va falloir apprivoiser.
Un vrai coup de cœur pour ce premier
tome qui plonge les grands enfants rêveurs que nous sommes dans une histoire drôle
et émouvante dont on attend la suite avec impatience.







