de Michel Durand et Richard Marazano
aux éditions Glénat ,
collection Grafica
Scénariste :
Richard Marazano
Dessinateur :
Michel Durand
Couleurs :
Richard Marazano
Date de parution : juin 2003
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo : 1
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Noir Corbeau
Né
au début des années 70, Richard Marazano s’est d’abord orienté
vers des études d’astrophysique et de physique. Puis il est revenu à
sa ville d’origine, Angoulême et s’est lancé dans la spécialité
locale en intégrant l’atelier de bande dessinée des Beaux-Arts.
Le Cycliste publie alors son premier album en collaboration avec Eric Dérian
Humain trop humain. Chez Soleil, il écrit tour à tour pour
Ben (Zéro absolu en 3 volumes), Cassini (Tequila Desperados)
et Moraës (Sidney et Howell). En 2000, il entreprend une nouvelle
série Dusk dessinée par De Metter et éditée
par les Humanoïdes Associés. En 2001, il s’aventure, réalisant
lui-même scénario et dessins, du côté de la science-fiction
avec Le Bataillon des lâches aux Editions Carabas.
En 1979,
Fluide Glacial accueille les débuts en bande dessinée de Michel
Durand diplômé des Beaux-Arts de Quimper et d’Orléans. Il
travaillera régulièrement pour ce magazine à partir de 1991.
Entre temps, il exerce ses talents d’illustrateur dans la pub et sort Opération
Chistera chez Glénat en 1985. La série Cliff Burton publiée
chez Dargaud sur un scénario de Rodolphe lui a valu plusieurs prix en France,
en Belgique et au Canada. Il dessina également pour Jodorowsky Polar
Extrême aux Humanoïdes Associés.
Enfant
de bidonvilles
A
Medellin en Colombie dans les bidonvilles, les enfants sont livrés à
eux-mêmes. Ils sniffent de la colle et essayent toutes les combines pour
ramasser un peu d’argent. Malgré le dévouement de quelques travailleurs
sociaux, ces enfants sont fortement exposés aux mauvaises rencontres :
des adultes les incitent à la prostitution ou les engagent pour des sales
besognes. Joan se retrouve enrôlé par un des hommes de main du cartelito
pour abattre un syndicaliste gênant. Mais la cible désignée
n’est pas un inconnu pour Joan. Avec cette première affaire, le jeune garçon
s’engage dans un dangereux engrenage où celui qui a le pouvoir (du moins
celui de l’argent sale) ne fait aucun sentiment et tue un être humain aussi
froidement que d’autres des chats. Joan va-t-il se laisser totalement corrompre
par cet ordre cynique des choses ?
Réalisme
saisissant
Dès
la première page, on est au cœur de la misère quotidienne,
de la lutte pour la survie de ces enfants. En plus du réalisme criant du
scénario, cette BD tient aussi visuellement du documentaire. Le cadrage
des planches fait penser à des mouvements de caméra : elles exposent
une ambiance générale en dévoilant un plan d’ensemble ou
se focalisent sur le point de vue d’un des personnages. Les teintes placent les
scènes à un moment particulier, avec, par exemple, beaucoup de bleu
foncé pour les épisodes nocturnes, et dans un contexte précis
: rues crasseuses du bidonville ou demeures luxueuses des trafiquants.
La trajectoire
fulgurante du garçon paumé au tueur désabusé entraîne
une grande tension et le désir de voir comment cette situation va évoluer.
Cet album se ferme sur une impression assez désespérée. Et
pourtant, après cette chute en enfer, on se prend à croiser les
doigts pour que dans le tome suivant une colombe vienne voler dans les plumes
des corbeaux…







