de Hubert Ben kemoun
aux éditions Nathan ,
collection Demi-Lune
Auteurs :
Hubert Ben kemoun
Illustrations :
Thomas Ehretsman
Date de parution : février 2004
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 41
Age minimum : 7 ans
Titre en vo : 1
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On n’a pas tous les jours, de la neige en été
Cela fait belle lurette que les billes de notre enfance ont
déserté les cours d’école. Et si
l’on peut regretter le charme désuet du troc
des ’oeil de chat’ et autres ’callots’, les jeunes d’aujourd’hui
ont trouvé (ou se sont laissés souffler)
une nouvelle façon d’agrémenter la récréation.
La manne des cartes à collectionner a débuté
son essor dans les lycées et les collèges
avec, en leader incontesté d’une activité
qui a rendu millionnaire des dealers de papier cartonné,
les célèbres cartes Magic : L’assemblée.
Aujourd’hui, la fièvre des cartes à collectionner
a gagné les cours primaires et maternelles où
l’on s’étriperait presque pour telle ou telle
figuration holographique de la première japanimerdation
venue. Surfant sur la vague, Hubert Ben Kemoun nous
propose ici la quatrième aventure de son héros
récurrent : Samuel (Le Réveil du boomerang),
aux prises avec les étranges pouvoirs d’un jeu
de cartes maléfique.
"On s’attend donc au pire, il faut en profiter :
on n’a pas tous les jours, de la neige en été"
(Diabologum)
Dans la cour d’école, Samuel se livre comme
tous ses copains, à un intense trafic de cartes
à collectionner. Cette fois, il pense ne pas
avoir fait une mauvaise affaire en plumant littéralement
le pauvre p’tit Freddy dont il a hérité
les cartes Strategik’s les plus étranges
qu’il connaisse. ’Etranges’ en effet, car ce lot de
huit cartes n’apparaît dans aucune liste connue
et permet uniquement d’influer sur les conditions météorologiques
de la partie. Autant dire que leur efficacité
semble tout à fait dérisoire dans ce jeu
où des hordes de monstres armés jusqu’aux
dents s’éviscèrent à coups de valeur
de force. Pourtant, la rareté même de ces
cartes semble promettre à leur utilisateur, un
pouvoir inégalé.
Aussi, dès qu’il rentre de l’école, Samuel
affronte Lionel dans une partie de Strategik’s.
Mais la partie tourne mal : dès que Samuel joue
une des cartes de p’tit Freddy, la météo
change, non seulement dans la partie, mais également
autour d’eux. Hélas, Samuel a déclenché
une tempête de neige que seule la carte nimbo-stratus
semble pouvoir annihiler, carte qui a elle-même
disparu dans une bourrasque de vent...
"Les affaires sont les affaires..."
Je ne sais toujours pas, après la lecture
de ce livre, si introduire le règne des jeux
de cartes à collectionner dans la lecture pour
enfants constitue une bonne idée. Non pas que
je nie leur existence, ou la réalité des
rapports sociaux, commerciaux voire malsains qu’entraîne
la pratique de tels jeux chez des gamins. Néanmoins,
je me pose la question de la pertinence du propos fantastique :
dans les précédentes aventures de Samuel,
le fantastique naissait d’une distorsion du réel,
tandis que cette fois, le fantastique est réintroduit
dans l’histoire par la ’crédibilisation’ des
effets magiques associés à un JEU de cartes.
J’avoue qu’en tant que praticien du jeu de rôles,
la barrière entre le jeu et le réel fait
partie de mes questionnements, et que je ne fais pas
partie de ceux qui refusent de se positionner dans le
débat : en quoi rendre ’réel’ des atouts
magiques d’un jeu de cartes ressort-il du fantastique ?
L’abîme qui sépare le monde du jeu de la
réalité (y compris de la ’réalité’
romanesque) mérite-il d’être franchi, et
si oui, avec quels garde-fous ? Je ne reproche pas aux
auteurs de cette aventure de relancer le débat,
mais peut-être de ne pas s’y être franchement
positionnés. A tel point que l’on pourrait par
moment, penser qu’ils (les illustrations étant
tout autant en cause) ont été subventionnés
par Wizards of the Coast* pour écrire
ce bouquin.
Mais je vois le mal partout ; ce petit livre anodin n’aura
sans doute agacé que le vieil aigri que je suis.
Pour tout le reste, cette aventure de Samuel se maintient
au niveau des précédentes avec des illustrations
sublimes et une narration très agréable.
Aucune raison donc de ne pas l’ajouter à votre
collection si vous avez déjà les autres
volumes.
* L’éditeur des cartes Magic : L’Assemblée.







