de Tim Lebbon
aux éditions Fleuve noir ,
collection Thriller fantastique
Sous-genres :
- Thriller
Auteurs :
Tim Lebbon
Couverture :
Jean-Philippe Marie
Traduction :
Thierry Arson
Date de parution : novembre 2004
Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 343
Titre en vo : Face
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : janvier 2001
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Peut-on regarder ses peurs en face ?
Né à Londres en 1969, Tim Lebbon écrit des histoires depuis
son enfance. En 1994, une de ses nouvelles est publiée dans un magasine
et trois ans plus tard paraît son premier roman Mesmer. Depuis une douzaine
de livres sont sortis chez différents éditeurs anglo-saxons et Tim
Lebbon s’est lancé dans l’écriture à plein temps...
Si vous voulez en savoir plus sur cet auteur britannique reconnu dans sa patrie
mais jusqu’ici ignoré en France, vous trouverez des infos sur son
site en anglais : http://www.timlebbon.net.
« La mort est un mensonge, et la vie sa plus grande contre-vérité »
A leur retour de vacances, Dan, Megan et Nikki prennent un auto-stoppeur. Mais
la présence de cet homme jette un froid dans la voiture bien pire que celui
que le blizzard a installé dehors. Quand l’homme réclame un
peu de leur temps, Megan, mal à l’aise, prie l’inconnu de sortir... Il
disparaît dans les bois mais la nuit suivante des traces étranges
apparaissent. Le mystérieux auto-stoppeur qui dit s’appeler Brand
reste dans les parages. Dan va être confronté à sa culpabilité
de n’avoir pas pu empêcher par le passé l’agression de sa femme.
Celle-ci lutte pour garder intacte sa volonté de pureté. Quant à
Nikki elle découvre qu’une relation amoureuse peut prendre un tour violent.
Tous les trois ne sont pas au bout de leur calvaire car ce qui assurait jusqu’ici
leur équilibre est menacé par une puissance de destruction qui a
le visage de Brand...
Psychoses étrangement dosées
La puissance maléfique à l’œuvre dans ce roman se sert
des psychoses ou des fantasmes un peu honteux des personnages pour les détruire.
Du coup, l’effet sur le lecteur est tributaire de ce procédé.
Si ses hantises les plus enfouies coïncident avec celles des personnages,
la description des supplices qu’ils endurent en devient d’autant plus
insupportable. Le point culminant des épreuves des personnages est un rien
exagéré du style cumul des épreuves des héros pour
en souligner la bravoure et sa capacité à en s’en sortir malgré
tout. L’intrigue tourne un peu en rond mais ce côté cyclique
renforce l’impression d’acharnement de Brand sur la famille.
L’alternance entre l’intrigue principale et les pages du Livre des
mensonges est assez habile. Ce Livre d’une rhétorique très
travaillée donne plus de poids à Brand puisqu’une fois que
celui-ci est mort, ses paroles et pensées restent consignées dans
ce livre. Comme ces réflexions sont adressées à un « vous »
imprécis, elles renforcent l’effet sur l’esprit du lecteur et
leur cynisme relativise les exagérations de l’histoire et ses basculements.
Les menaces qu’elles suggèrent par leur côté généralisant
sont à même d’accueillir davantage les peurs de chacun et de
déstabiliser par les remises en cause de nos concepts manichéens
et rassurants.
Le « un peu de temps » que nous réclame ce livre
n’est pas trop mal employé, on y trouvera selon ses goûts (et
ses dégoûts !) des sensations fortes dont on se remet instantanément
ou un malaise plus diffus, plus insinuant.







