Miroirs et fumée
( 1 )
de Neil Gaiman
aux éditions J’ai lu ,
collection Fantastique
Genre : Fantastique

Auteurs : Neil Gaiman
Traduction : Justine Bonnard
Date de parution : octobre 2003 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Recueil
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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Neil Gaiman sait tout faire, du fantastique à l’humour en passant par la fantasy. Première approche d’un recueil fort sympathique.

Si on le connaît en France pour ses romans (De bons présages et Neverwhere, tous deux aux éditions J’ai Lu), Neil Gaiman est d’abord et avant tout un novelliste. Chez lui en Angleterre, il aligne les nouvelles comme d’autres multiplient les petits pains, passant aléatoirement du fantastique à l’humour, de la fantasy à l’érotisme. Neil Gaiman sait tout faire. Son domaine de prédilection : notre quotidien et des héros qui ressemblent fortement à monsieur tout le monde : ici c’est un cartographe qui tombe dans un étrange village du sud du Royaume Uni. Apparemment tous les habitants sont des fans de Lovecraft et attendent justement pour cette nuit le retour des divinités maléfiques évoquées par l’auteur (La Spéciale des Shoggoths à l’ancienne). Là, c’est un jeune homme qui tombe amoureux d’une starlette de Penthouse. Au détour des pages du magazine, il la retrouvera au fil des années. Mais si lui vieillit, elle semble avoir 19 ans pour toujours…(Cherchez la fille). Autre exemple et autre chef d’œuvre : Le prix, dans lequel un couple recueille un chat noir chez eux. Mais bizarrement, chaque matin l’animal revient blessé à la maison, comme s’il se battait toutes les nuits, au point que son état empire de jour en jour. Le mystère qui se cache derrière ces marques est plus terrible que ce que l’on pourrait croire…

Un recueil bourré de bonnes petites nouvelles...

Des nouvelles comme celles-ci, qui m’ont laissé un agréable souvenir, je pourrais en citer encore plusieurs, des plus tendres aux plus horribles (l’Humanité qui se nourrit de bébés, les animaux ayant disparu - Mignons à croquer -, le père Noël qui est en fait une divinité victime en quelque sorte d’une malédiction – Nicholas était), ce recueil en fourmille. Mieux, certaines contiennent des références carrément jubilatoires. Nous parlions de Lovecraft un peu plus haut, les amateurs de Moorcock pourront se délecter d’Une vie meublée en Moorcock première manière. Cette nouvelle, écrite pour un recueil sur Elric met en scène un enfant, à l’entrée de l’adolescence, dévorant tous les livres de son auteur fétiche, Moorcock, qui lui tombent sous la main, et vivant parfois à travers eux.

A lire d’urgence !

Bref, quand le fantastique envahit notre quotidien, Neil Gaiman n’est pas loin. Il sait tisser des nouvelles en forme de rêves avec habileté, humour et tendresse, frôlant parfois l’insolence et le génie. A la lecture de Miroirs et fumée, on comprend mieux les éloges de Stephen King et Poppy Z.Brite qui ornent la quatrième de couverture. Un bon petit recueil à dévorer d’urgence.

Jérôme Vincent

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