de Didier Poli et Manuel Bichebois
aux éditions Les Humanoïdes Associés
Scénariste :
Manuel Bichebois
Dessinateur :
Didier Poli
Couleurs :
Tariq Bellaoui
Date de parution : novembre 2003
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo : 1
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Une série de fantasy prometteuse…
Voilà
deux petits nouveaux sur la scène de la bande dessinée. Manuel Bichebois est allé
jusqu’en Maîtrise de biologie avant de se réorienter et d’intégrer une école de
design pour se lancer dans le monde des jeux vidéos. Il rentre à Kalisto Entertainment
en tant que graphiste avant de se consacrer totalement à l’écriture. Il travaille
aujourd’hui comme scénariste pour la société de figurines pour jeux de plateaux
Rackham. Il a également écrit et réalisé un court métrage. Bichebois ne se contente
pas d’aborder un seul média, voilà pourquoi on le retrouve aujourd’hui chez les
Humanos. Didier Poli vient du dessin animé. Il a travaillé pour Disney (Tarzan,
Kuzco), Dupuis Animations (Papyrus) avant de devenir directeur artistique chez
Kalisto Entertainment, puis chez Rackham. Poli signe ici sa première bande dessinée.
Eclair et miracle
Un jour d’orage, le chasseur Moskip est attiré
par des cris au cœur de la forêt. Il trouve la source de ces pleurs et découvre,
au pied d’un arbre, une femme à moitié foudroyée mais dont le bébé est encore
vivant. A côté d’eux se trouve un sac rempli de pierres rouge-sang étrangement
légères. Sa femme et lui ne peuvent avoir d’enfant, il décide donc de le ramener
au village malgré les avertissements des autres membres de la tribu qui l’encouragent
plutôt à l’abandonner. Son fils adoptif se nommera Laïth parce qu’il « sera la
lumière de sa vie ». Les années passent et l’on retrouve le jeune Laïth adolescent.
Il a été adopté par le clan et coule des jours heureux. Pourtant, tout le monde
a pu s’apercevoir qu’il est doué de qualités physiques exceptionnelles. De plus,
ses parents cachent aux autres que les jours d’orage, Laïth est pris de crises
de plus en plus violentes. Longtemps, il aurait pu dissimuler ce mal si un incident
n’était survenu lors d’une partie de chasse. Daeb, est tué par un sanglier furieux.
Tous les enfants sont sous le choc, Laïth tient son ami dans ses bras et hurle
sa peine. A cet instant, un éclair jaillit de son corps et redonne vie à Daeb.
Un bon premier tome
Ce premier tome plante le décor en plaçant
les éléments qui prendront toute leur ampleur dans les tomes suivants. Les auteurs
ont pris le parti d’expliciter certaines choses dans un prologue au lieu de faire
plonger directement leurs lecteurs dans l’aventure. C’est un excellent choix puisqu’ils
développent ainsi un autre thème celui de la relation père-fils. Souvent les récits
occultent rapidement les liens familiaux sauf si ceux-ci sont compliqués par des
rapports violents. Le héros se reconstitue en général une famille de substitution
en s’entourant de compagnons fidèles. Ici, celui qui aide son fils à grandir et
à comprendre ce qui lui arrive est Moskip, son père adoptif. Le lien qui les unit
est plus fort que les liens du sang. Le scénariste s’appuie sur ce rapport sans
jamais tomber dans la niaiserie.
Le jeune Laïth est détenteur d’un bien
étrange pouvoir qui peut s’avérer aussi dangereux que salvateur. Est-ce parce
qu’il est né un jour d’orage qu’il peut en appeler à la force des éclairs ? Son
pouvoir ne va-t-il pas attirer la convoitise d’êtres malveillants ? Et quelles
sont ces fameuses pierres rouges dont personne ne connaît l’origine ? Si le thème
de la quête est relativement classique, il n’en reste pas moins que l’on se prend
rapidement au jeu notamment grâce à la personnalité attachante du petit Laïth.
Poli invente une race humanoïde qui nous transporte d’emblée dans un monde imaginaire.
Ce monde emprunte autant au médiéval fantastic qu’au steampunk, ce qui a de prime
abord un effet assez déconcertant (il est étrange de voir surgir tout à coup des
machines de guerre en cuivre). Cependant, Poli se concentrant surtout sur les
visages de ses personnages à grand renfort de plans serrés, la lecture n’en est
nullement gênée et le résultat est plutôt sympa. En bref, Pierres de sang
est un bon premier tome qui installe intelligemment l’intrigue. Gageons que la
suite des aventures de Laïth sera prenante.







