de René Follet et André-paul Duchâteau
aux éditions Le Lombard ,
collection Signé
Sous-genres :
- Uchronie
Scénariste :
André-paul Duchâteau
Dessinateur :
René Follet
Couleurs :
René Follet
Date de parution : novembre 2002
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 50
Titre en vo : 1
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Une uchronie admirablement bien maîtrisée.
La
particularité de la collection Signé des
éditions Le Lombard, c’est qu’elle offre un florilège
d’excellents auteurs qui ont marqué la Bande
Dessinée. Ces grands scénaristes ou dessinateurs,
tous reconnus par le public et la critique, n’ont plus
grand chose à prouver, si ce n’est qu’ils savent
encore nous faire rêver et nous surprendre. Comme
invités prestigieux, la collection a reçu
Hermann, Griffo, Cothias, Cosey, Dany et bien d’autres
tels que Van Hamme et Rosinsky pour le magnifique album
Western ou Gazzotti, Meyer et Vehlmann pour Des
Lendemains sans nuages.
André-Paul Duchâteau, 77
ans cette année, a consacré sa vie à l’écriture sous
toutes ses formes. Journaliste, scénariste de Bande dessinée, nouvelliste,
il est aussi auteur de romans policiers dont l’un, De 5 à 7 avec la Mort (Editions du Rocher), a remporté le Grand Prix de la Littérature
Policière à Paris en 1974. Il se lance aussi dans la biographie
romancée dont une en hommage à Madame Tussaud intitulée
Les Masques de Cire (Editions Labor) et qui a inspiré la bande dessinée
en deux tomes Terreur. Du côté de la Bande dessinée,
il est le père de Ric Hochet avec Tibet. Le jeune journaliste-détective
naît en 1955 et il en est aujourd’hui à son 66ème album (Penthouse
Story, Le Lombard, 2002). Il a également crée le personnage
de Hans (Le Pays des abysses, Le Lombard, 2000) pour Rosinski, mais cette
série de science-fiction a été reprise en 1993 par le dessinateur
Kas.
René Follet est entré dans le monde du dessin très
jeune, à 14 ans à peine il réalise une série d’illustrations
de L’Ile au Trésor de Stevenson pour une grande marque de chocolat.
Puis, il collabore au journal Spirou à 18 ans, mais ce n’est qu’en
1950 qu’il créé ses premières Bandes dessinées. Ainsi
lancé, il travaille pour Tintin, Le Journal de Mickey et réalise
des illustrations sur de très nombreux autres projets. Retenons cependant
une Bande dessinée L’Iliade (Glénat) que Stoquart a adapté
pour lui.
Comme un couperet !
En plein cœur de la période
la plus noire de la Révolution, pendant la Terreur, Marie Crossholz et
sa mère reprennent le musée de cire Curtius que l’oncle leur a confié
avant de partir en exil pour l’Angleterre. Marie, femme courageuse et battante,
travaille dur pour augmenter encore et toujours la collection des figures célèbres
dont les têtes tombent chaque jour. La nuit, elle se rend au cimetière
où elle retrouve l’aide du bourreau Desmarets qui lui prête des têtes
pour qu’elle puisse faire ses masques. Son petit musée attire de nombreux
visiteurs avides de voir la tête de ces aristocrates guillotinés
et la réplique des bijoux de la couronne volés. Mais, la Terreur
est une période floue et dangereuse pour tous, et Marie se retrouve bientôt
prise en étau entre le harcèlement du commissaire Jabot et des conspirations
qu’elle ne soupçonnait pas.
Uchronie…
Le premier
tome de ce diptyque est parfaitement maîtrisé. On découvre
l’histoire fascinante de Marie Crossholz, femme de tête, battante, combative,
talentueuse, sous les traits de laquelle on peut reconnaître Marie Tussaud.
Duchâteau construit un scénario remarquable dans lequel la petite
et la grande histoire se rencontrent. Ainsi, Marie est tour à tour spectatrice
et actrice d’événements qui la dépassent et qui ne semblent
pas la toucher (elle modèle ses figures de cire sur des têtes guillotinées).
Pas de sensiblerie déplacée donc, puisque dans cette période
trouble chacun pense d’abord à sa propre sécurité avant de
s’apitoyer sur le sort des autres. De son propre aveu, Duchâteau se place
dans la filiation d’Alexandre Dumas et " tente de réaliser une "
uchronie ", amalgame du vrai et de l’imaginaire ". Si le scénariste
s’est très bien documenté sur la période choisie, il en va
de même du dessinateur. En effet, Follet brosse un superbe tableau de l’époque
tant au niveau des costumes que de tous ces petits détails qui crédibilisent
l’histoire sans alourdir le dessin.. Il garde un aspect crayonné qui donne
une impression de flou, ce qui retranscrit parfaitement le contexte de l’époque
et en restitue les zones d’ombre. Son dessin, rehaussé magnifiquement par
la couleur directe, pêche peut-être parfois par un manque de mouvement,
mais cela ne gène en aucune façon la lecture et mieux, on se laisse
impressionné par ses tableaux miniatures et par la force d’évocation
qui se dégage de chaque case. Un très beau cadeau à offrir aux
passionnés d’Histoire.







