de René Follet et André-paul Duchâteau
aux éditions Le Lombard ,
collection Signé
Sous-genres :
- Uchronie
Scénariste :
André-paul Duchâteau
Dessinateur :
René Follet
Couleurs :
René Follet
Date de parution : mai 2004
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 50
Titre en vo : 1
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Superbe diptyque sur l’histoire de Marie Tussaud, entre fiction et réalité
André-Paul
Duchâteau est un auteur précoce, à quinze ans il rédige
son premier roman policier Meurtre pour meurtre, il fait une telle impression
sur Stanislas-André Steeman, l’auteur belge de L’Assassin habite au
21, que ce dernier décide de le faire éditer. Duchâteau
le remerciera par une biographie qu’il lui consacre, L’Ecrivain habite au 21.
Sa rencontre avec Tibet est déterminante, le dessinateur le décide
à écrire des scénarios. Ensemble, ils créent en 1955
le personnage de Ric Hochet, le journaliste détective a depuis dépassé
la barre des cinquante albums. Dûchateau écrira également
les scénarios d’un autre célèbre héros de Tibet, Chick
Bill, le gentil cow-boy. Notre auteur de bande dessinée ne délaisse
pas pour autant le roman, il reçoit le Grand Prix de la Littérature
Policière pour De 5 à 7 avec la Mort. Terreur s’appuie
d’ailleurs sur un récit qu’il a déjà publié intitulé
Les Masques de cire. On peut également retrouver Marie Tussaud dans
la troisième aventure de Charles Dickens, Les Anges de cire (Le
Masque).
René Follet, né en 1931, a fait une carrière
discrète en bande dessinée. Il a principalement travaillé
comme illustrateur de romans et d’ouvrages documentaires. Il a débuté
dans divers magazines dont Spirou, pour lequel il dessinera quelques récits
des Belles Histoires de l’Oncle Paul, et Tintin, où il travaille
sur les Récits authentiques. Il revient sporadiquement à
la bande dessinée, ainsi en 1974, il crée Yvan Zourine et
en 1986, Edmund Bell. Son dernier album publié avant le diptyque Terreur
datait de 1997, il s’agit du deuxième tome d’Ikar chez Glénat.
Poursuite
du périple en Angleterre
Marie Crossholz a échappé
à la Terreur et elle a été innocentée des soupçons
qui pesaient sur elle. Elle se marie et devient Madame Tussaud, mais elle se lasse
de cet homme alcoolique et joueur, elle lui laisse son musée parisien et
émigre en Angleterre avec son fils. Avant elle aura eu le temps, et la
possibilité grâce à son amitié avec Joséphine,
de mouler un masque de Napoléon. Première impression sur l’île
britannique, la même qu’en France, à peine arrivée, elle assiste
déjà à une pendaison. Pourtant, une nouvelle destinée
s’offre à elle. Plus indépendante et déterminée que
jamais elle s’en va sur les routes afin de présenter sa collection dans
toute l’Angleterre. Mais son passé la rattrape, certains exilés
français sont persuadés qu’elle est toujours en possession du plus
beau des joyaux royaux dérobés, le grand diamant bleu.
"
Tout ce qui est vrai, je le réinvente. Je réincarne l’histoire.
Et l’histoire me rejoint "
Ce deuxième tome est la conclusion
de l’histoire vraie de Madame Tussaud, créatrice du célèbre
musée britannique où l’on peut admirer les doubles de cire des plus
grands personnages historiques. Les auteurs continuent leur hommage à cette
femme de tête, d’une liberté et d’une persévérance
peu communes. Le talent de sculptrice de Marie n’a d’égal que son obstination.
Ce second tome se déroule uniquement en Grande-Bretagne, loin des soubresauts
de la Révolution et de l’Empire qui s’installe en France. Pourtant, Marie
était promise à une destinée pleine de trouble et d’errance.
A nouveau, l’on croise les grandes figures qui ont laissé leurs empreintes
dans le temps, qu’elles soient " de chair ou de cire ". Follet a d’ailleurs
offert tout son prestige à cette histoire en brouillant volontairement
les pistes entre le vrai et le faux, donnant ainsi un cachet particulier au récit
de Dûchateau. Plus que de sa mise en page classique, on s’émerveille
de ses couleurs directes et de ses scènes dans lesquelles il donne à
voir le XWIIIème à travers des cases que l’on assimilerait plus
à des petits tableaux.
Les auteurs jouent tous deux sur la vraisemblance.
On oscille entre la biographie, le récit historique, le thriller ou la
fiction. Ce savant mélange de vérité et d’imaginaire, dont
les masques de cire pourraient être un symbole, donne toute sa force et
sa densité au récit. On pourra juste regretter que ce second tome
s’achève très rapidement. La fin de la vie de Marie est évoquée
brièvement dans un condensé d’anecdotes. L’on comprend pourquoi,
le point final de l’histoire étant dépendant de la résolution
de l’énigme, mais cela laisse une drôle de sensation, celle d’une
rapidité qui casse avec le rythme général de la narration
qui est plus lent. Au final, il reste que ce diptyque est à découvrir,
ne serait-ce que pour apprécier le trait, trop rare, de Follet.







