de K. Ulf et K. Ulf
aux éditions Treize Etrange
Un tango à mille temps…
Ulf
K., prononcez Oulfka, est un jeune auteur allemand qui publie Outre-Rhin ses planches
chez de petits éditeurs indépendants. En France, ses bandes dessinées sont également
diffusées de manière confidentielle. Ainsi, Floralia est parue aux Editions
52, La Première Etoile à La Comédie illustrée, Silence au Neuvième
Monde, The Exlibris chez Bries. [treize étrange] avait déjà publié en 2000
Un Tango avec la Mort, mais cette première édition ne contenait qu’un tiers
de cette seconde.
La Mort qu’on voit danser…
Une trentaine
de petites histoires composent ce recueil. Elles sont réparties en sept chapitres,
un huitième intitulé « Galerie » est consacré à des illustrations. De la saynète
intimiste au conte cruel, Ulf K. fait de la Mort son personnage principal. L’ultime
histoire en une planche qui se trouve sur la quatrième de couverture donne le
ton, et non la couleur, de cet album.
Des petites tragédies quotidiennes
au récit poétique, laissez-vous bercer par cet étrange tango
Ulf K.
nous entraîne dans son univers lentement, doucement, au fur et à mesure des histoires.
Il commence par se présenter en se mettant en scène dans le premier chapitre intitulé
« très personnel » sous les traits d’un « faineantis illustratoris ». Les présentations
ayant ainsi été faites, il nous ouvre les portes de ses réflexions. Au gré des
chapitres, Ulf K. met en scène l’intimité de couples un vendredi soir avec une
ironie douce-amère, un poétique décrochement des étoiles, un cruel restaurateur
ou la douleur d’un petit clown abandonné de tous. Dans ces histoires en noir et
blanc de une à six planches, il s’amuse à changer de style, de trait comme pour
mieux perdre le lecteur. Une seule constante l’économie de fioriture répond à
la simplicité des tranches de vie narrées.
Ses récits brefs sont autant
d’exercices de style, de prétextes à des jeux graphiques et narratifs. Au détour
d’une planche, on trouve une utilisation du noir et blanc qui n’est pas sans rappeler
la technique de Marc-Antoine Mathieu, avant que l’impression ne soit dissipée
par la découverte d’une nouvelle planche qui propose un style radicalement opposé.
Ainsi, l’on va de page en page à la rencontre de la Mort qui, elle, veille au
grain. On mesure le temps qui passe, l’ironie ou la facilité avec laquelle la
grande faucheuse, ici sous les traits d’un homme à tête de squelette, intervient,
la fragilité de l’existence. Un temps, deux temps, trois temps puis la chute,
drôle ou compatissante, à l’image de la vie.







