de José Luis Munuera et Benoît Springer
aux éditions Delcourt
Scénariste :
Jean-David Morvan
Dessinateur :
José Luis Munuera
Couleurs :
Christian Lerolle
Date de parution : mai 2004
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 46
Titre en vo : 1
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Après Nävis, une nouvelle série parallèle à l’univers de Sillage voit le jour : Les Chroniques de Sillage
Philippe
Buchet et Jean-David Morvan ont créé avec Sillage un
univers qu’ils s’amusent à explorer au fil des albums.
Grâce au succès de la série mère, ils peuvent maintenant
laisser libre court à leur imagination et renforcer
la crédibilité de leur monde. Deux séries parallèles
ont ainsi vu le jour en ce premier semestre 2004, Nävis,
qui raconte l’enfance de Nävis avant qu’elle ne soit
récupérée par le convoi Sillage et Les Chroniques
de Sillage, où l’on découvre différentes histoires
liées aux conséquences de l’arrivée de Nävis sur le
convoi. Dans chaque album des Chroniques cinq
histoires en huit planches seront proposées aux lecteurs.
Pour ce premier tome, on retrouve en ouverture Munuera
qui réalise Nävis, suivent quatre autres dessinateurs
dont chacun possède un trait bien particulier : Benoït
Springer, Koboï, Bruno Bessadi et enfin Ignacio Noé.
Premier
volume des annales de Sillage après le passage de Nävis
Le plus fidèle
compagnon de Nävis, Bobo, nous fait découvrir toutes les petites anecdotes liées
à notre jolie héroïne. Dans Chasseurs en herbe, le lecteur apprend que
se nourrir dans la jungle n’est pas chose aisée, surtout lorsque l’on se prend
de pitié pour des petits êtres, certes dodus, mais sans défense. Nävis tente de
montrer les avantages des armures de combat à son ami Komérin dans Pavillon
bleu. Mais notre principale intéressée est aussi devenue une vedette sur Sillage
et c’est tout naturellement qu’elle devient l’héroïne d’un jeu vidéo dans Nävis
console. Un cadeau qui cartonne !! vous montrera que les anniversaires
de la seule humaine de Sillage sont toujours teintés d’imprévus. Enfin, Le
Corps de l’œil nous ramènera vers le peuple Gunjinns que Nävis a sauvé d’une
intelligence artificielle qui voulait leur anéantissement.
Cinq histoires
hétéroclites pour un résultat à l’image de la série : le rire au cœur des larmes,
ou l’inverse, peut-être
Ce premier volume est, sans aucune mesure, largement
mieux réussi que le Carmen + Travis, Volume
un. Morvan et Buchet mènent habilement ces récits
courts et savent s’entourer des dessinateurs adéquats
pour chaque histoire. Trois récits relèvent de l’anecdote
et du pur divertissement. Ils sont seulement l’occasion
de mettre en scène Nävis tout en faisant une bonne chute
à la fin. Les deux meilleurs sont Chasseurs en herbe
qui ouvre l’album et Le Corps de l’œil qui le
ferme. La première, entièrement muette, est totalement
portée par le dessin de Munuera. Avec son trait un peu
cartoon, il donne à Nävis des expressions qui nous attendrissent
ou nous font mourir de rire. Lerolle aux couleurs n’est
pas étranger au plaisir que l’on prend et participe
pleinement à la dynamique de l’histoire en scindant
le récit en deux parties à la fois distinctes, chacune
ayant sa propre chute, et pourtant dans la continuité
l’une de l’autre. Le Corps de l’œil est une très belle
suite à l’aventure de Nävis chez les Gunjinns narrée
dans le sixième tome Artifices. La jeune fille
avait confié à Berdsq l’intelligence artificielle qui
était la cause de tous les maux de son peuple. Elle
lui avait laissé décider seul le sort qu’il fallait
réserver à une entité qui avait tout mis en œuvre pour
les détruire. Berdsq choisit de montrer à l’A.I. tout
le mal quelle leur a infligé. Morvan et Buchet posent
la question du repentir sans discours grandiloquent
et pompeux. Ignacio Noé a non seulement un trait impressionnant
mais maîtrise également son découpage d’une telle façon
qu’il parvient à faire passer son message auprès du
lecteur sans lourdeur. Grâce à lui, on ressent de l’empathie
pour cette A.I. et les gros plans sur les « yeux » du
robot resteront gravés dans notre mémoire. Ces
deux récits retiennent l’attention et valent à eux seuls
l’achat de l’album.







