de Gérard Goffaux et Serge Brussolo
aux éditions Albin Michel ,
collection Haute Tension
Sous-genres :
- Thriller
Scénariste :
Serge Brussolo
Dessinateur :
Gérard Goffaux
Couleurs :
Nicolas Blocteur
Date de parution : novembre 2003
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 46
Titre en vo : 1
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La Fille de la nuit a enfin un visage
Serge
Brussolo, ce nom ne vous dit rien ? Allez un petit effort, il est impossible que
vous ne l’ayez pas croisé dans une librairie au rayon S-F, jeunesse ou polar.
L’écrivain aux plus de cent cinquante romans en vingt ans de carrière
est maintenant disponible au rayon BD de votre libraire préférée.
En effet, La Fille de la Nuit, thriller paru en 1996, passe du livre à
la bande dessinée grâce aux pinceaux de Gérard Goffaux. Les
deux auteurs sont de la même génération et ont géré
de la même manière leur carrière : la diversification. Loin
de se cantonner à un seul genre, ils s’amusent à explorer des mondes
différents. Ainsi, Goffaux passe sans complexe de la bande dessinée
traditionnelle comme Le Détective (Tome 2 : Le Théorème
d’Orion) aux éditions du Masque, aux comics qui ont été
publiés aux Etats-Unis, à l’écriture de scénario pour
Andréas dans le recueil de nouvelles Dérive, en passant par
la réalisation de story-boards notamment pour la Warner (Men in Black,
Rusty and the Big Guy). Ceci n’est que la partie émergée de
l’iceberg tant Goffaux a multiplié les activités.
Le
Pire est toujours certain (proverbe de la marine anglaise)
Une femme
dans sa voiture regarde droit devant elle, du sang coule le long de sa joue, un
petit trou dans son front est dans le prolongement de celui qui a dessiné
une toile d’araignée sur son pare-brise. Elle finit par s’arrêter
devant les immenses lettres Hollywood. Ainsi s’ouvre le prologue de La Fille
de la nuit.
Jane Doe, drôle de nom pour refaire sa vie, c’est
le patronyme générique des cadavres. Sa vie précédente
a été enterrée avec ses souvenirs, à trente ans environ
on a encore de beaux jours devant soi, et c’est avec le nom d’une morte qu’elle
recommence sa vie. Oui, mais voilà, quelqu’un cherche à l’éliminer.
Elle, au contraire, s’évertue à ne pas chercher à savoir
qui elle pouvait bien être avant. Pourquoi cette fuite en avant ? Qui était-elle
réellement ? Autant de questions qui ne trouveront de réponse qu’au
troisième et dernier tome.
Une bonne adaptation, même
si l’on ne retrouve pas le rythme effréné du roman.
Le
personnage amnésique est une bonne base du récit à suspens.
Il permet de nombreux rebondissements et, en général, le lecteur
va de surprise en surprise. Le succès de la série XIII (dont
le jeu vidéo sort pour Noël) en est l’exemple le plus frappant. La
comparaison s’arrête là puisque XIII est un personnage qui
cherche à savoir qui il est vraiment alors que Jane Doe n’a que faire de
son passé. Elle est prête à saisir l’opportunité que
la vie lui offre de tout recommencer à zéro, de ne pas avoir à
se trimballer toute sa vie comme un boulet ; à dire vrai cela lui épargne
les séances coûteuses de psychanalyse.
Tous ceux qui ont
lu le bouquin de Brussolo vont forcément comparer l’œuvre originale
à son adaptation en bande dessinée. La première chose qui
frappe est que l’excellente scène d’ouverture du roman est reprise dans
sa quasi-intégralité. Elle est parfaitement justifiée pour
le prologue, cependant l’effet devient lassant lorsque l’on s’aperçoit
que des pages entières du roman sont reprises sans être réellement
retravaillées afin de l’adapter au média. Il reprend également
le côté très cinématographique du livre. Bien que Goffaux
s’autorise quelques bonnes trouvailles graphiques, tel que le visage en forme
de puzzle de Jane, il se borne trop souvent à simplement illustrer le roman
de Brussolo.
C’est pour cela que ce premier tome ne parvient pas à
se hisser au niveau du roman. La bande dessinée est moins trépidante.
On peut me reprocher de connaître déjà la fin, d’où
la manque d’intérêt pour l’intrigue. Eh bien, non, j’ai relu une
partie du roman pour l’occasion et j’assure que le bouquin est plus prenant que
la BD. Il faut attendre le second tome afin de savoir si Goffaux va enfin prendre
quelques libertés pour rendre sa bande dessinée plus dynamique.






